Réseaux sous-marins EMEA 2026 : quelle stratégie d'infrastructure le Moyen-Orient doit-il réellement adopter ?

Nous sommes fiers d'annoncer queSabah AlKubaisya animé la table ronde lors de l'événement #SubmarineNetworks, au cours de laquelle ont été présentés les principaux enseignements tirés des discussions sur les infrastructures numériques dans la région MENA et leurs implications pour les opérateurs et les investisseurs, aux côtés deWilliam Marra,Giuseppe Valentino etValentina Dal Borgo.

Le fossé ne réside pas dans le câble, mais au niveau de l’offre produit. Les hyperscalers savent ce qu’ils veulent : une architecture de plateforme souveraine, des garanties de capacité soutenues par des SLA, la conformité en matière de résidence des données, ainsi qu’un interlocuteur unique sur l’ensemble des marchés. La majeure partie de l’infrastructure existe déjà. Les opérateurs qui combleront les premiers ce fossé en matière d’offre bénéficieront d’un multiple de valorisation fondamentalement différent de celui des opérateurs qui continuent de vendre de la capacité selon un modèle de « coût majoré ». C’est là que réside l’avantage concurrentiel.

Le tracé géopolitique est désormais une variable de conception, et non plus une solution de secours. Les perturbations en mer Rouge en sont le symptôme visible. Le véritable changement réside dans le fait que les architectes de réseaux considèrent désormais le risque géopolitique comme un facteur de premier ordre dans la conception des infrastructures. Les corridors mis en place aujourd’hui – la route Oman-Inde, la diversification via le Golfe, le positionnement en Irak et en Syrie – seront difficiles à reproduire dans cinq ans. Attendre d’avoir des certitudes avant d’engager des capitaux revient à se contenter des itinéraires déjà empruntés.

Sans autorité économique, la coordination se réduit à de simples conseils. La séparation structurelle n’est plus une simple hypothèse théorique : Center3, Ooredoo Fibre Networks (OFN) et ZOI ont ouvert la voie au niveau régional. Mais la question de la gouvernance est plus épineuse : sans véritable compte de résultat, sans véritable responsabilité vis-à-vis du rendement des capitaux investis (ROIC) et sans véritable politique de prix de transfert, la coordination des infrastructures passe au second plan dès lors que le PDG d’une société d’exploitation (OpCo) doit atteindre ses objectifs trimestriels. La structure a son importance.

La réglementation est un signal d'investissement. En accélérant les procédures d'autorisation, les autorités ont fait un choix politique précis : un déploiement plus rapide des infrastructures sert l'intérêt national, et pas seulement le compte de résultat de l'opérateur. Ce changement de perspective fait passer le débat du lobbying à la conception collaborative. Les opérateurs qui en prennent conscience dès le début bénéficient d'un avantage structurel.

La question cruciale : le retard du Moyen-Orient en matière d'infrastructures ne réside pas dans la connectivité, mais dans l'architecture des plateformes. C'est celui qui mettra en place la plateforme, et pas seulement le câble, qui déterminera la prochaine décennie de création de valeur dans le domaine des infrastructures au sein de la région.

Cette analyse s'appuie sur notre table ronde organisée lors du salon Submarine Networks EMEA 2026 et sur nos missions de conseil stratégique en cours dans le domaine des infrastructures de la région MENA.

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