Le mois dernier, le Brésil a réalisé un coup de maître sur l'échiquier numérique latino-américain avec ReData.
Avec son nouveau régime fiscal spécial (ReData), il ne se contente pas d'offrir des incitations fiscales aux centres de données, il met en œuvre la politique industrielle numérique la plus sophistiquée de la région.
La question clé n'est pas de savoir si le Brésil va gagner. La vraie question est de savoir si cette initiative va catalyser une intégration régionale sans précédent... ou, au contraire, renforcer la fragmentation historique qui nous a freinés jusqu'à présent.
💡 Salience Consulting a de l'expérience : nous avons constaté qu'une leçon se répète : une infrastructure numérique isolée fonctionne de manière sous-utilisée ; intégrée, elle génère des rendements exponentiels.
Alors, qu'est-ce qui fait de ReData un véritable changement radical ?
ReData n'est pas un chèque en blanc. Le Brésil exige des contreparties obligatoires :
- ✅Accent mis sur l'utilisation des énergies renouvelables.
- ✅Investissement dans la R&D numérique locale.
- ✅Réservation de capacité pour le marché intérieur.
Le Brésil n'attire pas seulement les investissements : il met en place un écosystème doté d'une réglementation solide. Le potentiel du Brésil est indéniable :
- Énergie : matrice renouvelable à 85-89 %, avec des excédents que les centres de données peuvent absorber.
- Connectivité : Fortaleza est déjà le deuxième plus grand hub mondial pour les câbles sous-marins.
- Demande réelle : 183 millions d'internautes, avec des systèmes tels que PIX (taux d'adoption de 87 %) et Gov.br (166 millions d'identités numériques) générant des volumes de transactions massifs et constants.
Le dilemme : intégration ou fragmentation. L'Amérique latine a déjà tenté sans succès des initiatives telles que l'anneau sud-américain de fibre optique, en raison d'un manque de coordination politique et de l'absence d'une institution technique neutre.
Qu'est-ce qui a changé aujourd'hui ?
- ✅La demande en données a explosé (+300 % depuis 2015).
- ✅Des géants tels qu'AWS, Azure et Google Cloud sont déjà présents dans la région.
- ✅Les cadres réglementaires ont mûri.
Mais en même temps :
- ❌Les incitations politiques restent locales.
- ❌Il n'existe aucun organisme technique régional doté d'un mandat et d'un budget, comme le PIDA en Afrique, l'ASEAN en Asie ou GAIA-X en Europe.
L'opportunité : une spécialisation complémentaire. Imaginez un écosystème latino-américain où chaque pays tire parti de son avantage comparatif, au lieu de se livrer à une course aux subventions :
- Brésil → Traitement intensif (IA, rendu 3D) grâce à son surplus énergétique
- Chili → Informatique et stockage de pointe pour l'Asie, tirant parti des vents d'Atacama et de Magallanes.
- Colombie → Centre de reprise après sinistre et transit vers les Caraïbes/l'Amérique centrale.
- Mexique → Services à faible latence pour le marché américain (nearshoring, jeux vidéo).
- Argentine → Capital humain pour les services gérés, DevOps et logiciels.
Ce n'est pas une théorie : l'Afrique a réduit ses coûts de bande passante de plus de 50 % en intégrant 21 pays au câble EASSy. L'ASEAN a coordonné 10 systèmes juridiques différents dans le cadre du cadre numérique de l'ASEAN. Comment ? Grâce à des institutions techniques permanentes, à l'abri des cycles politiques.
Le Brésil a posé la première pierre. La question qui se pose pour le reste de l'Amérique latine est la suivante : jouons-nous pour nous affronter les uns les autres ou pour gagner ensemble ?
👉 Qu'en pensez-vous ? Sommes-nous à l'aube d'un écosystème numérique latino-américain intégré... ou allons-nous répéter les erreurs du passé ?
Si vous explorez des opportunités dans les domaines des infrastructures numériques, de l'interconnexion régionale ou des politiques industrielles en Amérique latine, n'hésitez pas à me contacter. Mon cabinet de conseil a déjà contribué à la mise en place de projets similaires sur d'autres continents. Discutons ensemble de la manière dont nous pouvons booster votre stratégie !